lundi 6 mai 2013

"Après la vague" d'Alexandre Key - Editions Aux forges de Vulcain

Ma chronique:

Avec une quatrième de couverture laconique, je ne savais pas trop à quoi m'attendre lorsque j'ai ouvert ce livre. Après la vague est en fait un roman post-apocalyptique qui met en scène un monde où la quasi-totalité des terres émergées ont été englouties par des tsunamis provoqués par les humains lors d'une guerre fratricide entre Orient et Occident. Nous suivons alors la vie de quelques survivants.


D'abord, il y a le jeune Conan. Loin de son homonyme le Barbare, Conan est un jeune homme qui a appris à se débrouiller seul sur un minuscule îlot avec pour seule compagnie les oiseaux de mer. Ingénieux, il cherchera à retrouver son amour d'enfance pendant tout le roman.

L'amour d'enfance de Conan est Lanna. C'est une jeune fille très sensible qui a la capacité de parler avec les oiseaux. Elle fait partie des notables d'une petite communauté d'humains mis à l'abri par son grand-père : l'un des plus grands scientifiques que la Terre ait porté.

Le grand-père en question, le Professeur, stigmatise tous les espoirs de part son savoir mais son grand âge ne l'aide pas et sa sagesse n'est pas toujours écoutée par les uns et les autres. C'est un espèce de savant fou génial et touche à tout qui a des connaissances bien plus avancées que l'intégralité de ses contemporains.

Puis il y a toute une panoplie de personnages secondaires plus ou moins hauts en couleurs.
Tous ces personnages sont plutôt bien construits bien qu'un brin manichéen : il y a les gentils et les méchants mais heureusement les gentils surmontent leur infériorité numérique et technique grâce à leur intelligence et à leur ingéniosité. Bref tous sont quand même sympathiques et on est heureux de les retrouver au fil des pages.


L'histoire, servie par un style simple et adapté aux propos, est entraînante avec suffisamment de rythme pour ne pas provoquer de lassitude. Comme tout (bon) roman post-apocalyptique, Après la vague dénonce les dérives du genre humain en particulier sa propension à détruire son milieu de vie ou ses semblables, son incapacité à tirer des leçons du passé ou à écouter des avis qui diffèrent du sien. Une fable écologique sur fond de critiques de la société donc ! Mais une originalité ici, c'est que l'auteur ne reste pas dans la simple dénonciation des travers de notre civilisation mais nous propose également des solutions qui combinent des domaines dont les différences s'estompent. Sa recette ? Une pincée de sciences et de connaissances, une cuillerée de foi, de confiance et de tolérance, un brin d'ingéniosité et beaucoup d'amour. Si seulement notre monde pouvait fonctionner de cette façon...

Beaucoup de récits post-apocalyptiques sont particulièrement pessimistes et nous laissent avec le moral dans les chaussettes. Ici, ce n'est pas le cas car finalement c'est l'espoir et la lumière qui prédominent. Nous mettre en garde sans nous faire culpabiliser : n'est-ce pas là une jolie prouesse de la part de l'auteur ?

Revenons quelques instants sur un aspect de l'histoire qui m'a beaucoup plu : l'utilisation par des scientifiques de la télépathie ou moins spécifiquement de ce qu'on appelle la communication intuitive. Il se trouve qu'il s'agit ici de communications qui soulèvent beaucoup d'interrogations dans la société actuelle et qui se développent beaucoup. Attention, ici pas de jugement de valeurs : que ça existe ou pas c'est à chacun et chacune de se faire son point de vue. Par contre, j'ai apprécié que l'auteur les utilise dans son roman sans les mettre en contrepoint de la science et de la connaissance. Réussir à marier à la fois la science purement cartésienne et des idées ésotériques est à mon sens l'une des principales forces de ce roman et de la plume de l'auteur. C'est original et surprenant : et quel plaisir d'être étonné par un roman, non ?


Pour résumer, ce roman est l'un de mes coups de cœurs de cette année 2012. Je remercie grandement les Editions Aux Forges de Vulcain ainsi que le Sanctuaire de la Lecture pour ce très chouette partenariat.

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